Je souhaitais partager avec vous l'entretien que j'ai eu avec le professeur Lietaer.
Qui est Bernard Lietaer ? Peu de gens ont travaillé dans et sur le système monétaire dans autant d'institutions différentes que Bernard Lietaer. Il a servi cinq ans à la Banque Centrale belge, où son premier projet fut la conception et l'implémentation de la devise européenne unique (l'Euro). Il fut président de l'Electronic Payment System belge, et a développé des technologies pour des multinationales dans la gestion d'environnements à devises multiples. Il a aidé des pays en voie de développement à améliorer leurs gains en devises et a enseigné la finance internationale à l'Université de Louvain. Bernard Lietaer fut également le gestionnaire principal et courtier en devises pour l'un des plus grands et des plus florissants fonds de devises offshore. Il a travaille au Centre pour les Ressources Durables à l'Université de Californie à Berkeley et aujourd'hui, plus que jamais, il défend l'idée de la création de monnaies alternatives.
Avant de passer dans la défintion et l'illustration des bénéfices de monnaies alternatives, il est important de bien comprendre où nous en sommes, et de comprendre où notre système bancaire et monétaire nous ont conduit aujourd'hui.
Dans le graphe qui suit (source JP Morgan), vous découvrirez la valorisation des plus grandes banques au monde entre 2007 (la bulle bleu) et 2009 (la bulle verte).
Au vu de ces éléments, vous comprendrez que la faillite du système bancaire et monétaire ne peut décemment être niée. Qui plus est, la faillite de notre système bancaire n'est pas fortuite, elle n'est pas la cause d'une ou de plusiers personnes qui ont voulu profiter du système, non le mal est plus profond que cela. Depuis 1971 , nous avons connu pas moins de 176 crises monétaires et 96 crises bancaires . (source: banque mondiale). La répétition de ces crises, dans des environnements différents, des pays différents, des réglementations différentes, des cultures différentes, des orientations économiques différentes,...sont l'indication d'une problématique structurelle qui nécessitent que nous nous posions urgemment les bonnes questions.
Pourquoi j'écris cela aujourd'hui ?
Je vous écris cela car le professeur Lietaer m'a confié que sa crainte, que je partage, pour notre monde c'était son inertie. Combien de fois n'avons nous pas entendu que "2009 ne sera pas une bonne année, mais en 2010 tout ira déjà mieux". Et si on peut comprendre le souci de rassurer, il convient néanmoins de souligner le danger extrème de ces propos rassurants. Car si on se contente de cette vague et fallacieuse promesse que out ira mieux en 2010, quel serait l'intérêt de se poser des questions, d'initier de nouveaux projets, des réflexions,...et pourtant la nécessité d'avoir un oeil neuf n'a jamais été aussi cruciale.
le prochain post, ( le tome 2 ) sera l'occasion pour moi de partager les résultats d'expériences de monnaies alternatives en cours, d'analyses de modèles, et des réflexions de bon sens parfois bien ignorées...comme disait Voltaire, le sens commun n'est pas si commun ...
Avec mes amitiés à tous et toutes
Alain
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