Je lisais hier plusieurs articles évoquant la mise en place d'une régulation des banques. Le premier article faisait référence à l'activité accrue de la FSA (le gendarme des banques au Royaume Uni). Mise en examen de personnages connus du monde bancaire, interrogatoires,... Hier aussi , Obama appelait les américains à exiger un contrôle plus sévère. Le constat de Obama étant que si on ne changeait pas les comportements , on arriverait inévitablement à une nouvelle catastrophe financière et dont nous ne pourrions pas nous relever. Hier toujours, je lisais que la SEC assignait la prestigieuse banque Goldman Sachs, celle ci perdait dans la foulée 16% de sa valeur en bourse... l'Allemagne annonçait, dans la suite logique des poursuites à l'encontre de Goldman Sachs, qu'elle allait aussi se pourvoir en justice. En cause, les manipulations de crédits sub prime de Goldman Sachs au travers d'une filiale détenue à 25% mais contrôlée de fait à 100% qui ont couté à l'une des principales banques allemandes 1 milliard d'euro. Tout cela aussi sur un fond d'annonce de contrôle et d'examen des comptes de la Deutsche bank par la SEC aux états unis.
Depuis les autorités des banques centrales et de contrôle essayaient de calmer le jeu .. le message étant : si on doit punir, on punira, si on doit changer, on changera mais faisons attention aux effets imprévus et non désirés d'une régulation à outrance. Et donc procédons avec prudence et avançons pas à pas
Si ce message est plein de bon sens, force est pourtant de constater que nous sommes en 2010, près de 2 ans après la crise et si il faut croire les banquiers de "terrain", au contact de la clientèle (mais pourquoi ne les croirait on pas ?), presque rien n'a changé si ce n'est des effets cosmétiques et de surface... le modèle des banques reste opaque, non transparent, manquant d'éthique.
Le mot est lâché...l'éthique.
C'est un mot parfois bien pratique car sa définition reste floue pour certains ( cfr la définition dans wikipedia). Pour ma part, en retournant la définition dans tous les sens, j'en suis arrivé à l'idée que la définition peut être à la fois simple et pratique... à savoir que l'éthique consiste à ne pas faire aux autres ce que tu ne voudrais que l'on te fasse... comme par exemple vendre à des particuliers des produits que l'on sait ne pas correspondre à leurs besoins, ou vendre plus que nécessaire à des clients,....
Bien entendu, tout le monde peut "fauter", les banques, vous, moi, le pape,... mais pour les banques la faute n'était pas ponctuelle mais institutionnalisée et il faut en tirer les leçons. La première leçon c'est de faire le bilan de leur faute, de l'incroyable catastrophe de la crise financière de 2008, c'est de ne pas oublier les nuits sans sommeil, les conseillers clients en congé maladie afin de ne plus avoir à affronter le regard des clients, le climat de défiance dans la banque entre les conseillers clients et la direction, les licenciements collectifs car les revenus ne sont plus à la hauteur des plans commerciaux, .... Lorsque les banques auront fait un vrai bilan de ce qu'elles ont perdu, et qu'elles auront au cœur de leur système de gouvernance "plus jamais ça"...alors et alors seulement elles pourront commencer à construire une meilleure banque.
Lorsque ce temps sera venu, les banques pourront commencer à entamer un vrai dialogue avec leurs clients. Les banques découvriront qu'elles peuvent financer de nouvelles approches et oublier les investissements publicitaires en 4 par 3, à la télévision,... que déjà hier personne ne lisait ou n'écoutait, qu'aujourd'hui personne ne croit et que demain la plupart abhorrera.
Bonne journée à tous et toutes
Alain Hemelinckx
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