En 1996, je suis devenu directeur marketing des produits de dépôts.A cette époque, le siège central de mon employeur (une grande ,pour ne pas dire immense, banque globale) avait la volonté d'implémenter au niveau mondial un nouveau service destiné à une clientèle fortuné. Ce nouveau service, innovant et ultra complet, était constitué sous la forme d'un package de produits et services bancaires et extra bancaires. Ce package, cet accès VIP répondait à tout ce que nous imaginions comme attentes d'un client fortuné, ...un conseiller financier attitré par client, une disponibilité 24h24, des services extra, un service concierge, un nombre limité de clients par conseiller financier, une reconnaissance du statut préféré du client ( cartes de banque, papiers à lettres, invitations vip, cartes anniversaires, etc ) des tarifs préférentiels sur certains produits comme les produits de placement, etc etc...
Malgré la nouveauté du service en Belgique... nous peinions à atteindre les objectifs de vente qui nous avaient été fixés. Et c'est dans ce contexte que j'ai rencontré Roy Hutchinso alors qu'il venait d'installer ses bureaux au 5 ème étage de notre Siège local. Roy était le senior executive vice president en charge au niveau mondial du programme en question, bref c'était le boss . Cersie sur le gâteau, ce boss avait participé à la création et au lancement -réussi- de ce nouveau programme aux Etats unis. Comme nous étions une "good news company" et que nos communiqués de presse internet et externe ne regorgeaient que de succès, je tenais à avoir le feedback authentique et en direct d'un des fondateurs du programme... Un jour donc de 1996, j'invitai donc à déjeuner Roy dans un petit restaurant de Bruxelles. A table tout en déjeunant, Roy commença par m'expliquer qu'il nous manquait un élément fondamental dans notre stratégie.. et pas seulement en Europe.
Vous pouvez imaginer mon intérêt à m'entendre dire cela par la personne qui avait participé à la création du service et de cette stratégie..... Roy m'expliqua alors une expérience qu'il avait vécu alors qu'il était devenu le directeur du programme en question. En poste à New York, il s'était installé avec sa femme et son enfant dans le Massachussets. Expatrié, Roy avait le souci d'être bien conseillé pour ses placements personnels et dans le même temps il était intéressé de voir à l'oeuvre un conseiller en placement dont ses amais lui avait dit le plus grand bien. Roy l'appela donc pour lui demander un rendez vous.
Le conseiller en placement écouta Roy et lui repondit qu'il était prêt à le recevoir à 2 conditions. Il fallait que l'épouse de Roy l'accompagne et il fallait que Roy apporte un relevé précis de toutes ses dépenses et de tous ses revenus sur uen année. Roy expliqua que son épouse ne travaillait pas à New York et qu'elle ne ferait jamais 120 km pour un simple rendez vous avec un "conseiller en placement". Celui ci cependant, m'expliqua Roy, resta ferme sur ces 2 conditions et Roy parvint à convaincre son épouse de l'accompagner.
Lors de la consultation, Roy m'expliqua que le conseiller en placement se mit à détailler toutes les dépenses du ménage. Alors qu'il était arrivé sur un montant de dépense relativement important intitulé "assurance-vie", le conseiller demanda ce que c'était. Roy expliqua que cette assurance vie avait été prise par lui en faveur de ses parents qui habitaient le Brésil. A la mine surprise du conseiller, Roy expliqua qu'il était issu d'une famille peu fortunée et que ses parents s'était dépensés sans compter pour lui assurer des études et que donc il était tout à fait normal qu'il puisse lui rendre la pareille et la remercier. Le conseiller demanda ensuite à Roy si il voyait souvent sa maman et son Papa et Roy répondit qu' il ne la voyait pas aussi souvent qu'il le voulait ...
Sur ces paroles, le conseiller regarda Roy et lui demanda " si vous étiez votre maman.. que pensez vous qu'elle préférerait ? une assurance vie avec de l'argent dont elle n'a jamais voulu ou voir plus souvent son fils et sa famille ?"....Roy m'expliqua alors que ce moment fut magique.. le conseiller plongea ses yeux dans ceux de Roy et sans attendre la réponse, le conseiller tira un trait sur les primes d''assurance vie reprises dans la liste et ajouta en dessous de la ligne 2 billets d'avion aller-retour USA-Bresil chaque année.
Au total, ce conseiller venait de faire gagner de l'argent mais aussi et surtout, surtout venait de le recentrer sur ce qui était important. Roy n'a jamais oublié ce conseiller et moi je n'ai jamais oublié ce que Roy m'a raconté.
Est ce pour autant une belle histoire qui finit bien ? Ai je pour autant réussi à recentrer ma vie grâce à cette histoire ? malheureusement non. L'histoire de Roy m'avait frappé, elle était empreinte de bon sens, et puis...le lendemain, le réveil a sonné, et j'ai replongé ma tête dans le guidon et cette folle idée d'être heureux a disparu ...jusqu'à aujourd'hui ;-)))
Amitiés
Alain Hemelinckx
l'histoire est authentique du premier au dernier mot... il s'agit de Roy Hutchinson. Bien à vous
Alain Hemelinckx
Rédigé par: Alain Hemelinckx | 12 janvier 2010 à 10:45
belle histoire, il existe vraiment ce Roy ? ;-)
Rédigé par: ooooh | 18 novembre 2008 à 15:21